Découvrez où sont fabriqués les vêtements Tommy Hilfiger à travers le monde

Quand on retourne un polo Tommy Hilfiger acheté en boutique à Nantes ou sur le site officiel, l’étiquette mentionne rarement le même pays deux fois de suite. Un modèle en maille peut indiquer le Bangladesh, le suivant la Turquie, un troisième le Vietnam. Cette dispersion n’a rien d’aléatoire : elle reflète la stratégie industrielle du groupe PVH, propriétaire de la marque depuis 2010, dont le siège opérationnel se trouve à Amsterdam.

Chaîne d’approvisionnement Tommy Hilfiger : qui fabrique quoi

Tommy Hilfiger ne possède aucune usine en propre. La totalité de la production est confiée à des sous-traitants de rang 1 (assemblage final) et de rang 2 (teinture, tissage, tricotage). Le rapport de durabilité 2024 de PVH publie en annexe la liste de ces fournisseurs, ce qui permet de retracer concrètement où sont fabriqués les vêtements Tommy Hilfiger selon les catégories de produits.

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La majorité des volumes destinés à l’Europe et à l’Amérique du Nord sort d’ateliers situés au Bangladesh, au Vietnam, en Chine, en Inde et en Turquie. À ces cinq pays historiques s’ajoutent depuis peu la Jordanie et l’Égypte, mobilisées sur des lignes de denim et de maille.

Concrètement, un jean Tommy Hilfiger vendu en France a de fortes chances de provenir du Bangladesh ou d’Égypte. Un polo en coton piqué sera plus souvent fabriqué au Vietnam ou en Inde. Les pièces techniques (vestes légères, blousons) proviennent encore largement de Chine, même si cette part diminue.

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Responsable qualité vérifiant des coupes de denim dans une usine de confection Tommy Hilfiger au Vietnam

Production Tommy Hilfiger en Chine : un recul stratégique

Le poids de la Chine dans les volumes d’approvisionnement de PVH a clairement baissé ces dernières années. Les communications investisseurs du groupe pour 2023-2024 le confirment : PVH réduit volontairement sa dépendance à la production chinoise. Trois facteurs convergent.

  • Les coûts de main-d’œuvre en Chine ont augmenté significativement par rapport au Bangladesh ou au Vietnam, rendant certaines lignes de produits basiques moins compétitives.
  • Les tensions commerciales sino-américaines (droits de douane, restrictions à l’export) créent une incertitude que le groupe préfère contourner en diversifiant ses sources.
  • La volonté de réduire les risques de rupture de chaîne logistique, mise en lumière pendant la période Covid, pousse PVH vers une répartition géographique plus large.

Le Vietnam et l’Indonésie captent une part croissante des volumes qui quittent la Chine. On observe aussi un transfert vers le Bangladesh pour les pièces à forte intensité de main-d’œuvre. La Chine conserve un rôle sur les produits à plus forte valeur ajoutée ou nécessitant des finitions techniques spécifiques.

Nearshoring en Turquie, au Portugal et au Maroc pour le marché européen

Pour les collections vendues en Europe, PVH développe une stratégie dite de nearshoring : rapprocher la fabrication du marché final. La Turquie joue un rôle central dans ce dispositif, notamment pour le denim, les chemises et les pièces en maille. La proximité géographique réduit les délais de livraison et les coûts de transport maritime, un avantage direct quand il faut réassortir une boutique parisienne en pleine saison.

Le Portugal et le Maroc interviennent également, principalement sur des séries plus courtes ou des pièces nécessitant une réactivité de production que les usines asiatiques ne peuvent pas offrir sur des délais serrés. Les retours varient sur l’ampleur exacte de ces volumes nearshore, mais la tendance est confirmée par PVH dans ses présentations aux investisseurs.

Ce que le nearshoring change pour l’acheteur

Un vêtement fabriqué en Turquie ou au Portugal n’est pas automatiquement de meilleure qualité qu’un produit cousu au Vietnam. La différence se situe surtout sur la flexibilité : ces usines proches permettent à Tommy Hilfiger de lancer des capsules saisonnières avec des volumes limités, de tester des coloris ou des coupes sans engager une production massive en Asie.

Deux ouvrières cousant des vêtements Tommy Hilfiger sur des machines industrielles dans une usine au Cambodge

Contrôle qualité et audits fournisseurs Tommy Hilfiger

Sous-traiter dans une dizaine de pays ne signifie pas lâcher les rênes. PVH applique un programme d’audit à ses fournisseurs de rang 1 et 2, documenté dans son rapport de responsabilité. Les audits portent sur les conditions de travail, les normes environnementales et la conformité des produits finis.

La liste des fournisseurs est publiée chaque année, ce qui reste une pratique minoritaire dans l’industrie textile. On peut donc vérifier dans quel pays et parfois dans quelle ville un type de produit est assemblé. Cette transparence a ses limites : les fournisseurs de rang 3 (filature, production de matières premières) ne sont pas toujours référencés avec le même niveau de détail.

Lire l’étiquette d’un vêtement Tommy Hilfiger

L’étiquette cousue mentionne le pays d’assemblage final, pas celui où le tissu a été tissé ou teint. Un polo « Made in Vietnam » peut très bien utiliser du coton indien, teint au Bangladesh, puis assemblé à Ho Chi Minh Ville. Le pays indiqué sur l’étiquette ne couvre qu’une étape de la fabrication.

Pour qui souhaite tracer l’origine réelle d’un vêtement, la consultation de la liste fournisseurs PVH reste le moyen le plus fiable. Elle est accessible dans les annexes du rapport annuel de responsabilité du groupe.

Tommy Hilfiger et la mode durable : engagements concrets de production

PVH a fixé des objectifs de réduction d’émissions et de consommation d’eau pour ses marques, dont Tommy Hilfiger. Ces objectifs passent en grande partie par le choix des fournisseurs et des zones de production. Les usines nearshore en Turquie ou au Portugal émettent moins de CO₂ lié au transport que celles d’Asie du Sud-Est, ce qui entre dans le calcul global.

La marque développe aussi des lignes utilisant du coton biologique et des matières recyclées. Ces matières sont sourcées séparément, souvent via des filières certifiées, puis envoyées aux sous-traitants pour confection. Le label « Tommy Hilfiger » sur un vêtement ne garantit pas à lui seul une fabrication durable, mais la publication des listes de fournisseurs permet un début de traçabilité que beaucoup de marques concurrentes au même positionnement prix ne proposent pas.

La fabrication des vêtements Tommy Hilfiger suit une logique de répartition mondiale dictée par les coûts, la proximité des marchés et la gestion des risques logistiques. Le Bangladesh, le Vietnam et la Turquie concentrent aujourd’hui la majorité des volumes, tandis que la Chine recule progressivement. Pour le consommateur, la seule certitude fiable reste l’étiquette cousue, complétée par les données publiées chaque année par PVH.

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